1818 – 1893

Né à Paris le 18 avril 1818, mort à Saint-Cloud le 18 octobre 1893, Charles Gounod était le fils d’un peintre brillant et d’une remarquable pianiste. A l’âge de 5 ans, il perdit son père. Afin de pouvoir élever ses deux fils, sa mère se lança dans l’enseignement de la musique et emmena Charles dès son plus jeune âge à l’opéra. Après le « Freischütz » de Carl Maria von Weber et «Otello» de Rossini, ce fut la révélation avec «Don Juan».
A dix ans, Gounod joue de mémoire la plupart des sonates de Mozart. Plus tard, il dira: « Mozart est à Palestrina et à Bach ce que le Nouveau Testament est à l’Ancien dans l’esprit d’une seule et même Bible. » Et enfin: « Lorsque j’arriverai au Ciel, aussitôt après avoir salué Dieu le Père, je demanderai à voir Mozart. »
Bien que musicienne, sa mère, craignant de voir son fils devenir un artiste, tenta de l’aiguiller vers le droit. Mais à l’âge de 13 ans, Charles lui écrivit une lettre de quatre pages la suppliant de le laisser faire de la musique: « (…) Je ne sais rien de plus important ni de plus touchant qu’une belle création musicale. Pour moi la musique est une compagne si douce qu’on me retirerait un bien grand bonheur si on m’empêchait de la sentir. C’est un trésor que je ne donnerais pas pour bien d’autres…(…) ».
Depuis l’âge de 17 ans, Gounod composa chaque année cinq ou six mélodies et des motets à une voix. C’était pour lui une forme habituelle de pensée. La mélodie, le chant, qu’il mettait au premier plan dans sa création musicale, jaillissaient chez lui tout naturellement avec une fécondité surprenante.
A 21 ans, l’obtention du Premier prix au Grand Prix de Rome lui ouvrit les portes de la Villa Médicis, dirigée alors par Ingres qui lui révéla ses réels dons de peintre. A Rome, il découvrit les maîtres de la musique italienne du XVIe siècle, mais aussi Bellini, Rossini, Donizetti, Mozart, Lully et Gluck. Sur le chemin du retour, via Vienne et Leipzig, il rencontra Mendelssohn qui lui fit connaître l’oeuvre de Bach.
De retour à Paris, terrassé par des crises de mysticisme, il envisagea d’entrer dans les ordres malgré l’opposition de sa famille. Sa fièvre religieuse le poussa à suivre des cours de théologie, à porter la soutane et à signer ses lettres « l’abbé Gounod ». Depuis 1843, il fut organiste et maître de chapelle des Missions étrangères. En 1847, il entra chez les carmélites et suivit les cours de séminaire de Saint-Sulpice. Alors encore peu connu du public, sa rencontre avec Pauline Viardot (qui, en 1851, créa son propre opéra Sapho ) lui fut salutaire et l’arracha à ses crises mystiques.
Il se maria l’année suivante avec la fille du pianiste Zimmermann et fut nommé directeur de l’enseignement du chant dans les écoles communales de Paris. La même année, il composa la Méditation sur un Prélude de Bach qui devint la mélodie la plus célèbre de son temps (connue comme  l’Ave Maria ). Il écrivit encore Faust en 1859, Mireille en 1864 et Roméo et Juliette en 1867. Devant les menaces de l’invasion allemande, il quitta la France avec sa famille et s’installa à Londres en 1870.
La dernière partie de sa vie fut surtout consacrée à l’achèvement de ses deux oratorios Rédemption et Mors et Vita, et de son opéra Polyeucte. Ses obsèques nationales furent célébrées en l’église de la Madeleine à Paris.
L’oeuvre gigantesque de celui en qui Ravel voyait « le véritable instaurateur de la mélodie en France » a souvent été jugée avec une excessive sévérité. Mais le seul titre de « créateur d’un climat musical vraiment français » suffit à la gloire de Gounod. « Gounod a su retrouver le secret d’une sensualité harmonique perdue depuis les clavecinistes français des XVIIe et XVIIIe siècles. » (M. Ravel).
Sa quatrième Messe solennelle, ou Messe chorale sur l’intonation de la liturgie catholique, composée pour la solennité du bienheureux Jean-Baptiste de la Salle, a été jouée pour la première fois à Reims le 24 juin 1888. Ecrite sous l’influence de l’art bénédictin, c’est une oeuvre relativement brève en sept parties, construite sur l’intonation grégorienne du Credo, traitée comme un cantus firmus. Elle s’ouvre sur un Prélude pour grand orgue. Gounod, qui s’éloigne ici de la romance et du théâtre, y juxtapose différents styles religieux dans lesquels transparaît une nette influence de l’art de Palestrina.
La musique chorale – sacrée et profane – de Gounod est extrêmement vaste. La composition de ses nombreuses messes couvre à peu près toute sa carrière. Si l’on a parfois douté de la profondeur réelle de ses aspirations, on ne peut nier que Gounod ait été un artiste intensément religieux qui s’ouvrit dans sa musique sacrée à toutes les influences. Son admiration pour Palestrina et les musiciens de la Renaissance découverts à Rome lui permit d’acquérir une grande connaissance de l’écriture vocale et la science de l’équilibre des voix.

Sources:    Jean-Pierre Gounod – arrière-petit-fils du compositeur
Guide de la musique sacrée et chorale profane, Fayard
Musicologie.org
Wikipedia.org
Universalis.fr

1822 – 1890

César Auguste Jean Guillaume Hubert Franck (né le 10 décembre 1822 à Liège et mort le 8 novembre 1890 à Paris), professeur, organiste et compositeur d’origine belge naturalisé français, est l’une des grandes figures de la vie musicale française de la seconde partie du XIXe siècle.
Après ses premières études musicales au Conservatoire Royal de Liège, poussé par un père abusif et intéressé qui entendait faire de ses fils des enfants prodiges, il entra au Conservatoire de Paris dans les classes de piano, contrepoint et orgue, où les récompenses s’accumulèrent jusqu’au demi-échec de 1841 : Franck n’obtint cette année-là que le second prix d’orgue. C’est pourtant au contact quotidien de l’instrument à tuyaux que se bâtit toute la carrière du jeune César.
L’année suivante, son père le retira du Conservatoire de Paris afin qu’il se consacre pleinement à une carrière de virtuose. Durant cette période le jeune César se consacra à la composition. Il publia ses Trios op. 1 en 1843 puis commença la rédaction de son oratorio Ruth et entreprit une série de concerts en Belgique, en Allemagne et en France.
En 1845, il quitta le domicile familial et retourna vivre à Paris où il passa désormais sa vie. Il composa un poème symphonique Ce qu’on entend sur la montagne, et travailla sur son opéra Le valet de ferme. De 1845 à 1863, César Franck participa à tous les concerts de l’Institut musical d’Orléans en tant que pianiste accompagnateur. Une plaque apposée dans le hall de l’Institut le rappelle. 1848 fut, malgré l’opposition de son père, l’année de son mariage avec Félicité Saillot Desmousseaux, fille d’acteurs de la Comédie française.
En 1853, après un passage à l’église Notre-Dame-de-Lorette, il tint les orgues de l’église Saint-Jean-Saint-François du Marais. Il devint l’organiste de la nouvelle église de Sainte-Clotilde en 1857 où il inaugura, le 1er décembre 1859, un des plus beaux instruments du facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll. Il en resta le titulaire jusqu’à sa mort. Nommé professeur d’orgue au Conservatoire de Paris en 1871, il devint citoyen français, condition obligatoire pour obtenir ce poste, dont il prit officiellement possession en 1872.
La période allant de 1874 jusqu’à sa mort fut celle d’une intense créativité: oratorios (les Béatitudes, qu’il n’entendit jamais dans son intégralité, et Rédemption, dont l’échec en 1873 ne réussit pas à altérer son tempérament passionné), oeuvres pour piano, quatuors à cordes, sonates pour violon, ballets, poèmes et variations symphoniques, pièces diverses pour orgue.
En 1884, Ernest Chausson organisa deux concerts pour honorer César Franck qui se vit récompensé des Palmes académiques. L’année suivante il fut décoré de la Légion d’Honneur et devint, en 1886, Président de la Société Nationale de Musique. Au début du mois de mai 1890, César Franck fut victime d’un accident de fiacre. S’il sembla se remettre relativement bien dans un premier temps, l’état de santé du grand organiste s’altéra malgré de nouvelles thérapies. Il ne put même pas retourner à ses orgues bien-aimées de Sainte-Clotilde pour y jouer ses trois Chorals.
César Franck s’est éteint au milieu des siens dans la soirée du 8 novembre 1890. Il repose au cimetière Montparnasse. Un monument à sa gloire fut inauguré le 22 octobre 1904 dans le square de Sainte-Clotilde à Paris. L’absolue sincérité et la profonde humanité qui se dégagent de l’homme comme de son oeuvre musicale, de plus en plus épurée au fil des ans, ont imprégné durablement toute la vie musicale de l’époque, jusqu’à Debussy et Ravel.
La version des sept Paroles du Christ sur la Croix interprétée aujourd’hui est une transcription de Joris Lejeune pour orgues, choeur de chambre avec harpe et violoncelle solo (la version originale -1859- requérant un imposant orchestre symphonique).
En 1857, Franck publie un Accompagnement d’orgue du chant grégorien au moment même où il prend possession de son poste à la prestigieuse tribune de Sainte-Clotilde. Dans le même élan, il ne renonce pas pour autant à ses espoirs de voir programmé au Théâtre-Lyrique son opéra Le valet de ferme… C’est de ces ambivalences que se nourrit le caractère quelque peu hybride de sa version des sept Paroles du Christ sur la Croix. Les climats et les styles les plus opposés se succèdent dans cette « Passion » selon Franck : du style le plus dépouillé de la Première Parole « Pater, dimitte illis… » (Père, pardonne-leur…) ou de la Sixième « Consummatum est » (Tout est consommé) jusqu’aux grands déploiements opératiques avec harpe ou violoncelle de la Seconde ou de la Troisième Parole.
Franck, à côté d’un « O quam tristis » (Combien triste et affligé) poignant, ne répugne pas à des effets presque verdiens pour le blasphématoire « Si tu es Rex Judaeorum… » (Si tu es le Roi des Juifs…). Partout cependant, il faut observer à quel point Franck prend soin de l’intelligibilité du texte et c’est sans doute là que se révèle le mieux l’authenticité de sa démarche de musicien d’église. Bien au-delà d’une apparence peut-être quelque peu disparate, on perçoit malgré tout, avec la plus grande évidence, dans ce chef-d’oeuvre encore trop méconnu, ce qu’est l’énergie tellurique dont cette écriture est porteuse, grâce aussi à la force expressive du choral « Peccata nostra ipse pertulit » de la « Sixième Parole », si belle et émouvante.
Le catalogue de l’oeuvre de Franck rassemble d’autres magnifiques pages de musique sacrée, certaines parfois restées manuscrites. Au programme de ce concert un Veni Creator (pour ténor, basse et orgue), et deux motets à la Vierge Ave Maria (l’un pour soprano, basse et orgue, l’autre pour soprano et orgue). Un des trois Offertoires de 1871, le Domine Deus in Simplicitate (pour soprano, ténor et basse et orgue) fut composé pour le culte des premiers dimanche du mois, en dédicace au curé de Sainte-Clotilde.

Sources:    Michel Daudin, directeur des Journées Charles Bordes
Guide de la musique sacrée et chorale profane, Fayard
Musicologie.org
Wikipedia.org
Universalis.fr

Messe chorale

 

Kyrie

Kyrie eleison
Christe eleison
Kyrie eleison
Seigneur, prends pitié
Christ, prends pitié
Seigneur, prends pitié

Gloria

Gloria in excelsis Deo
Et in terra pax
Hominibus bonae voluntatis.
Laudamus te, benedicimus te,
Adoramus te, glorificamus te,
Gratias agimus tibi
Propter magnam gloriam tuam.
Domine Deus, Rex coelestis,
Deus Pater omnipotens,
Domine Fili unigenite,
Jesu Christe.
Domine Deus, Agnus Dei,
Filius Patris,
Qui tollis peccata mundi,
Miserere nobis.
Qui tollis peccata mundi
Suscipe deprecationem nostram
Qui sedes ad dexteram Patris
Miserere nobis
Quoniam tu solus sanctus,
Tu solus Dominus,
Tu solus altissimus.
Cum Sancto Spiritu
In Gloria Dei Patris,
Amen.
Gloire à Dieu, au plus haut des cieux
Et paix sur la terre
Aux hommes de bonne volonté.
Nous te louons, nous te bénissons,
Nous t’adorons, nous te glorifions,
Nous te rendons grâce
Pour ton immense gloire.
Seigneur Dieu, Roi du ciel,
Dieu le Père tout-puissant,
Fils unique de Dieu, Seigneur,
Jésus Christ.
Seigneur Dieu, Agneau de Dieu,
Le Fils du Père,
Toi qui enlèves le péché du monde,
Prends pitié de nous.
Toi qui enlèves le péché du monde,
Entends notre prière.
Toi qui es assis à la droite du Père
Prends pitié de nous.
Car toi seul es saint,
Toi seul es Seigneur.
Toi seul es le Très-Haut.
Avec le Saint-Esprit
Dans la gloire de Dieu le Père,
Amen.

Credo

Credo in unum Deum,
Patrem omnipotentem
Factorem coeli et terrae,
Visibilium omnium et invisibilium.
(Credo) in unum Dominum,
Jesum Christum,
Filium Dei unigenitum
Et ex Patre natum
Ante omnia saecula.
Deum de Deo,
Lumen de lumine,
Deum verum de Deo vero,
Genitum non factum
Per quem omnia facta sunt.
Qui propter nos homines
Et propter nostram salutem
Descendit de coelis.
Et incarnatus est de Spiritu Sancto
Ex Maria virgine
Et homo factus est.
Crucifixus etiam pro nobis
Sub Pontio Pilato,
Passus
Et sepultus est.
Et resurrexit tertia die
Secundum scripturas,
Et ascendit in coelum.
Sedet ad dexteram Patris.
Et iterum venturus est cum gloria
Judicare vivos et mortuos,
Cujus regni non erit finis.
(Credo) in Spiritum Sanctum,
Dominum et vivificantem,
Qui locutus est per Prophetas.
Confiteor unum baptisma
In remissionem peccatorum
Et expecto resurrectionem mortuorum
Et vitam venturi saeculi.
Amen.
Je crois en un seul Dieu,
Père tout-puissant
Créateur du ciel et de la terre,
De l’univers visible et invisible.
(Je crois) en un seul Seigneur,
Jésus Christ,
Le fils unique de Dieu,
Né du Père
Avant tous les siècles.
Il est Dieu, né de Dieu,
Lumière, né de la lumière,
Vrai Dieu né du vrai Dieu
Engendré non pas créé
Et par lui tout a été fait.
Pour nous les hommes
Et pour notre salut
Il descendit du ciel.
Incarné par l’Esprit Saint,
Il a pris chair de la Vierge Marie
Et s’est fait homme.
Crucifié pour nous
Sous Ponce Pilate,
Il souffrit sa passion
Et fut mis au tombeau.
Il ressuscita le troisième jour,
Conformément aux écritures,
Et il monta au ciel.
Il est assis à la droite du Père.
Il reviendra dans la gloire
Pour juger les vivants et les morts,
Et son règne n’aura pas de fin.
(Je crois) en l’Esprit Saint
Qui est Seigneur et qui donne la vie,
Il a parlé par les prophètes.
Je reconnais un seul baptême
Pour la rémission des péchés
Et j’attends la résurrection des morts
Et la vie du monde à venir
Amen.

Sanctus

Sanctus, sanctus, sanctus,
Dominus Deus Sabaoth.
Pleni sunt coeli et terra
Gloria tua.
Osanna in excelsis.
Saint, saint, saint,
Le Seigneur, Dieu de l’univers.
Le ciel et la terre
Sont remplis de ta gloire.
Hosanna au plus haut des cieux.

Benedictus

Benedictus,
Qui venit in nomine Domini.
Osanna in excelsis.
Béni soit celui
Qui vient au nom du Seigneur.
Hosanna au plus haut des cieux.

Agnus Dei

Agnus Dei,
Qui tollis peccata mundi
Miserere nobis.
Dona nobis pacem.
Agneau de Dieu,
Qui enlèves le péché du monde,
Prends pitié de nous.
Donne-nous la paix.

Ave Maria

 
Ave Maria, gratia plena
Dominus tecum, benedicta tu
In mulieribus et benedictus
Fructus ventri tui, Jesus.
Sancta Maria, mater Dei,
Ora pro nobis peccatoribus
Nunc et in hora mortis nostrae.
Amen. 
Je te salue Marie, pleine de Grâce.
Le Seigneur est avec toi.
Tu es bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de tes entrailles est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
Prie pour nous, pêcheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Veni Creator

 
Veni creator Spiritus
Mentes tuorum visita.
Imple superna gratia
Quae tu creasti pectora.
 
Qui diceris paraclitus
Altissimi donum Dei,
Fons vivus,
ignis, caritas,
Et spiritalis unctio.
 
Accende lumen sensibus,
Infunde amorem cordibus,
Infirma nostri corpis.
 
Virtute firmans perpeti.
 
Hostem repellas longius,
Pacemque dones protinus.
Ductore sic te praevio,
Vitemus omne noxium.
 
Viens, Esprit Créateur,,
Visite les âmes de tes fidèles.
Remplis de ta grâce céleste
Les coeurs que tu as créés.
 
Tu es notre consolateur,
Le don du Très-Haut,
La source de la justice,
le feu sacré de la charité,
La divine onction
qui nous consacre à Dieu.
Viens donc, ô divin Esprit
Eclairer nos âmes de ta lumière
Et répandre l’amour divin
dans nos coeurs.
Soutiens notre faiblesse par les
secours continuels de ta grâce.
Ecarte notre ennemi loin de nous,
Et rends-nous la paix.
Sois toi-même notre guide
Pour nous éviter tout ce qui peut
nuire à notre salut.

Domine Deus in simplicitate

 
Domine Deus,
in simplicitate cordis mei
Laetus obtuli universa
 
Et populum tuum qui repertus est
Vidi cum ingenti gaudio.
Deus Israel custodi hanc voluntatem.
Seigneur Dieu,
j’ai présenté toutes ces offrandes
Avec joie et dans la simplicité
de mon coeur.
Et ton peuple qui a été réuni,
Je l’ai vu avec une immense joie.
Dieu d’Israël, garde cette volonté.

Les sept Paroles du Christ

 

Prologue

O vos omnes, qui transitis per viam
attendite et videte, si est dolor sicut
dolor meus.
Posuit me,
Domine, desolatam tota die
maerore confectam.
Ne vocatis me Noemi,
 
sed vocate me Mara.
Ô vous tous qui passez ici,
attendez et voyez s’il est une douleur
pareille à ma douleur,
Celle qui me fait si mal,
celle que le Seigneur inflige au jour
de son ardente colère.
Ne m’appelez pas Noemi
(ma Gracieuse),
mais appelez-moi Mara (Amère).
 

Première Parole

Pater dimitte illis:
non enim sciunt quid faciunt
Crucifixerunt Jesum et latrones,
 
unum a dextris et alterum a sinistris.
Jesus autem dicebat:
Pater dimitte illis:
non enim sciunt quid faciunt.
Cum sceleratis reputatus est,
et ipse peccata
multorum tulit,
et pro transgressoribus rogavit.
Père, pardonne-leur,
car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Ils crucifièrent Jésus ainsi que
les deux malfaiteurs,
l’un à droite, l’autre à gauche.
Or, Jésus dit:
Père, pardonne-leur,
car ils ne savent pas ce qu’ils font.
Il a été mis au nombre des criminels,
car il a porté les péchés
de beaucoup d’hommes
et il a intercédé pour les coupables.
 

Deuxième Parole

Amen, dico tibi: Hodie mecum eris
in paradiso.
Domine, memento mei, cum veneris
in regnum tuum
Je te le dis en vérité: aujourd’hui
tu seras avec moi au paradis.
Seigneur, souviens-toi de moi quand
tu viendras dans ton royaume.
 

Troisième Parole

Mulier, ecce filius tuus.
O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta mater unigeniti !
Quis est homo non fleret,
Christi matrem
si videret in tanto supplicio ?
Quis posset non contristari,
piam matrem
contemplari dolentem cum filio ?
Femme, voilà ton fils.
Ô combien triste et souffrante
fut la mère bénie de cet unique fils !
Qui pourrait ne pas pleurer
en voyant la mère de Jésus
livrée à un tel supplice ?
Qui pourrait sans compatir
contempler la pieuse mère
du Christ souffrant avec son fils ?
 

Quatrième Parole

Deus meus, ut quid
dereliquisti me?
Noti mei quasi alieni
recesserunt a me,
et qui me noverant
obliti sunt mei.
Mon Dieu, pourquoi m’as-tu
abandonné?
Mes proches s’éloignent de moi
comme des étrangers
et ceux qui me connaissaient
m’ont oublié.
 

Cinquième Parole

Sitio !
Dederunt ei vinum bibere
cum felle mixtum.
Et milites acetum offerentes ei,
blasphemabant dicentes :
Si tu es Rex Judaeorum,
salvum te fac.
Popule meus, quid feci tibi ?
Aut in quo contristavi te ?
Responde mihi.
Quia eduxi te
de terra Aegypti :
parasti crucem Salvatori tuo.
J’ai soif !
Ils lui donnèrent à boire du vin
mêlé de fiel.
Et les soldats lui offrant du vinaigre
se moquaient de lui en disant :
si tu es le Roi des Juifs,
sauve-toi toi-même !
Mon peuple, que t’ai-je fait ?
En quoi t’ai-je apporté du chagrin ?
Réponds-moi.
C’est parce que je t’ai conduit
hors de la terre d’Egypte
que tu as préparé la croix pour ton Sauveur.
 

Sixième Parole

Consummatum est.
Peccata nostra ipse pertulit
in corpore suo
super lignum ut, peccatis mortui,
justitiae vivamus,
Vere, languores nostros ipse tulit,
et livore
eius sanati sumus.
Tout est accompli.
Il a porté lui-même nos péchés
en son corps
sur le bois afin que, morts à nos péchés,
nous vivions pour la justice.
Cependant, ce sont nos souffrances
qu’il a portées, et c’est par ses
meurtrissures que nous sommes guéris.
 

Septième Parole

Pater, in manus tuas commendo
spiritum meum.
Pater meus es tu, Deus meus,
susceptor salutis meae.
In manus tuas commendo
spiritum meum.
Père, je remets mon esprit
entre tes mains.
Tu es mon Père, mon Dieu
et le rocher de mon salut.
Je remets mon esprit
entre tes mains.